Le point mort de l’esprit


Le “point mort” de l’esprit
(Une méditation tout en conduisant)

La première chose que l’instructeur d’autoécole nous apprend avant de tourner la clé de contact est de vérifier que le levier de vitesse est au point mort. Ensuite on démarre, après un coup d’œil dans les rétroviseurs nous sommes prêts pour aller faire un tour.
Mais que fait le chauffeur, pendant qu’il conduit ? Il réfléchit, rêve peut-être même, tout en gardant un œil sur la route. Dans sa tête, des trains de pensées alimentent la réflexion du moment. Son esprit n’est pas au repos, alors il pense…

Apaiser son mental dans les moments où il semble faire sa vie sans nous, quel soulagement ce serait ! C’est bien sûr possible, mais cela demande de s’être au préalable familiarisé avec ses mouvements grâce à la méditation. Bien qu’apparaissant automatiquement, ils n’en sont pas pour autant indomptables. Nous sommes libres de les laisser nous raconter ce qu’ils veulent ou d’en faire un outil à notre service. Nous devons pouvoir orienter notre mental dans une direction voulue, ce n’est quand même pas à lui de nous dire ce que nous avons à faire !

Pour en reprendre les rênes, nous allons d’abord le ramener à son « point mort », un état où il n’y a pas encore de pensées qui s’élèvent. Il est le rappel que l’agitation qui nous envahit si souvent a été précédée et sera suivie de cet instant de calme sans pensée. Nous pouvons à tout instant y revenir, nous y reposer, après avoir interrompu en conscience les cogitations qui défilent dans nos têtes. Alors seulement, nous pouvons décider de passer la première, de réfléchir en conscience à quelque chose, et non parce que nous sommes pris par nos pensées. Ce détail fait toute la différence.

C’est à nous de décider quelle part nous voulons donner à ces instants sans pensées qui se révèlent être des moments de ressourcement. Cela est beaucoup plus facile à faire qu’on ne le croit. Car d’instant en instant, l’esprit repasse naturellement par le point mort, par cet instant où il ne produit rien, dès que l’on ne suit pas la pensée émergente. Du repos apparait une pensée… qu’on laisse passer pour revenir simplement à l’état précédent. Et ainsi vogue l’esprit en méditation : de silences en pensées.

Lorsque nous roulons en voiture, nous repassons sans cesse par le point mort avant d’enclencher la vitesse suivante, même s’il s’agit de passer de la 4e à la 5e. Ce passage obligé devrait être un support, un rappel pour notre méditation que quelle que soit la vitesse à laquelle notre esprit tourne, il repasse invariablement par un point où il est encore possible de stopper son emballement. En voiture, comme ailleurs.

Bonne route !

François Granger

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