L’esprit en vacances, toute l’année.

L’été : pour beaucoup probablement la saison la plus attendue de l’année. Synonyme de vacances, l’esprit espère de se débrancher du travail et évacuer les tensions accumulées. La fin du stress, le début d’un farniente sans trouble à l’horizon. Rien de moins sûr…
Les projets de vacances que l’on forme reflètent alors cet espoir d’évacuer les tensions. Et là, point de limites pour retrouver la quiétude perdue (si ce n’est du fait de notre budget…) : voyages, activités extrêmes, défouloirs en tous genres… Ces exutoires produisent leur effet sur le coup, mais il faudra bientôt recommencer. S’évader pour évacuer le stress, c’est comme écoper une embarcation percée. Car si le stress et la fatigue sont bien liés à nos quotidiens surchargés, le seuil au-delà duquel ils nous deviennent insupportables dépend surtout de la manière dont on les vit.

L’impression récurrente que l’on a de manquer de temps est justifiée, mais pas pour les raisons que l’on croit. Peut-être que quel que soit le nombre d’heures dont on disposerait, ce ne serait jamais assez. Notre peur du vide et de l’inaction font que l’on trouve toujours à boucher les temps morts ! Notre esprit ne sait pas rester tranquille, c’est le début des ennuis

Remplir tous les interstices dont on dispose n’est cependant pas la vraie cause de tensions.
Alors que certains souffrent vite d’un peu de travail, d’autres remplissent aisément un emploi du temps de ministre. A chacun ses capacités. Mais chez certains, cela vient plutôt de l’espace intérieur dont ils disposent. Un espace si vaste que rien ne semble pouvoir le saturer, au point que leur décontraction se ressent autour d’eux. Cela est particulièrement évident chez les maîtres ou certains méditants avancés qui restent centrés au cœur même du mouvement. Quelles que soient les demandes, elles ne semblent pas générer de stress.

Leur secret ? Un entrainement à la méditation qui les a amenés à un tel lâcher-prise intérieur que les états d’esprit ou les cascades d’émotions susceptibles de dégénérer en stress sont désamorcés. L’espace intérieur dont ils disposent permet de les accueillir. Si toutefois elles apparaissent, elles sont vite évacuées. Leur esprit n’est jamais encombré et est de ce fait continuellement en vacances, quoi qu’ils fassent.

Cet état de légèreté se découvre et se cultive par la méditation, en posant son esprit. Une détente, un contentement face à la vie apparaissent, une forme de repos éternel ! Alors partir en vacances pour décompresser n’a plus de raison d’être.

François Granger

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